Sauver la benne des Pélerins
!

Aux grandes heures
de la ligne, nous étions quatre surs jumelles.
|
Deux sur chaque tronçon. Nous
étions faites comme ces wagons de chemin de fer qui sillonnaient
lEurope dans les années 30. Tout de bois travaillées,
avec deux compartiments ouverts et un fermé pour accueillir 18
passagers et notre conducteur sur chaque trajet. Pesant près de
3000 kilos, nous étions faites pour durer. Avec un débit horaire maximum de 72 passagers, cela ne devait pas être suffisant, car nous fumes progressivement abandonnées. Pour parcourir les 634 mètres de dénivelée entre la station des Pèlerins et celle de La Para, il fallait 15 minutes, le temps de se balancer gracieusement le long des 26 pylônes du tracé. Par contre, sur la seconde étape de notre voyage, entre La Para et la gare des Glaciers, nous étions plus véloces et, en 12 minutes, nous avions passé les 19 pylônes et avalé les 729 mètres de dénivelée. Mais que reste-t-il de toute cette grande aventure, de cette première épopée mécanisée pour rapprocher touristes, guides, grimpeurs et skieurs du Mont-Blanc ? |
![]() |
![]() |
|
Mes
surs ne sont plus là pour témoigner fièrement
de ce que fut le transport en téléphérique dans la
première moitié du siècle dernier. Nous fumes les
actrices principales du premier téléphérique de voyageurs
au monde.
Plus là non plus pour vous parler des athlètes intrépides enfourchant leur bobsleigh et dévalant la piste olympique des jeux de 1924, du pylône double jusque dans la vallée. Plus là pour vous parler de ces compétiteurs de ski alpin qui descendaient comme des fusées la grande piste des Glaciers lors des championnats du monde de 1948. Plus là pour tous ces guides que nous accompagnions vers la gare des Glaciers afin quils puissent déflorer ces grandes aiguilles de granit qui font la fierté de Chamonix. Plus là lorsque nous transportions ces caravanes de secours quand cet avion dAir India sécrasa sur le Mont-Blanc en novembre 1950. Je suis seule et très gravement malade, dépouillée de mon câble porteur, adossée misérablement contre le mur de ma maison, séparée de mon chariot à quatre roues qui me faisait danser le long du tracé. |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
|
Je suis inquiète pour la fin de ma vie car, depuis 1950 je ne reçois plus aucun soin. Mes cuivres ont terni, mon placage dacajou a disparu, mes portes sont arrachées, la liste de mes malheurs est longue... Qui viendra me sauver de la destruction finale ? Qui voudra me restaurer ? Qui mexposera dans un musée que lon puisse de nouveau madmirer ?
|
|
QUE FAIRE DE L'ANCIEN MATERIEL ? En gare de La Para, à la station des Glaciers, dans la forêt des Grands Bois, non loin de la plate forme du tunnel du Mont-Blanc, à Praz Conduits, lieu de départ de lactuelle ligne, partout où les téléphériques de lAiguille du Midi ont marqué leurs passages, nous pouvons retrouver du "matériel roulant", parfois abandonné ou tout simplement entreposé en attendant des jours meilleurs. Toutes ces cabines, bennes, bennes de service ont marqué lhistoire de laventure du téléphérique de lAiguille du Midi. Aiguille du Midi.net, vous propose de découvrir les restes et les étapes de la conquête mécanisée de lAiguille du Midi. Bonne découverte.
|
N'hésitez pas à nous
écrire