Le Monde

Extrait de l’article du Monde du jeudi 14 août 1997

LES ALPES SONT DE PLUS EN PLUS PENALISEES PAR LEURS FRICHES TOURISTIQUES
(par Claude Francillon)

" il est urgent d’attendre "

Dans la vallée de Chamonix le téléphérique des Glaciers, construit dans les années 20, aurait du atteindre l’Aiguille du Midi (3842 mètres) en trois ou quatre étapes depuis le village des Pélerins (1060 mètres). Les deux premiers tronçons furent achevés en 1927. La seconde guerre mondiale bloqua les travaux. En 1949, lorsqu’on voulut reprendre les travaux, les technologies avaient évolué. On savait désormais fabriquer des aciers spéciaux plus légers et tirer des câbles de très longue portée. La ligne existante fut abandonnée en 1954 au profit d’un accès beaucoup plus direct et aérien passant par le Plan de l’Aiguille.

Depuis quarante trois ans l’ancienne installation mécanique et ses bâtiments construits avec des blocs de granit taillés sur place s’en finissent pas de se dégrader. Il y a dix ans un incendie a emporté la toiture de la gare supérieure installée à 2414 mètres d’altitude. Situés en partie dans le site classé du Mont-Blanc, les pylônes rouillés, qui supportent une ligne à haute tension, et les gares en ruines constituent une nuisance esthétique que ni la commune de Chamonix ni le propriétaire du téléphérique de l’Aiguille du Midi ne souhaitent démolir. " il est urgent d’attendre " répètent les responsable de la société concessionnaire et le maire de Chamonix, Michel Charlet. Ce dernier est partagé entre le désir de faire disparaître des installations qui souillent le paysage et la volonté de préserver, en le restaurant, un témoignage des premières conquêtes mécanisées du Mont Blanc.


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