On était jeunes !..
Robert Melo Alexa Sadier le 6 mai 2006
Interview de Robert Melo par Alexa Sadier

Notre rédaction a proposé à une jeune chamoniarde, Alexa Sadier, étudiante en biologie à Lyon, de faire ses premières armes de reporter sur le site historique de l’Aiguille du Midi. Elle a invité Robert Melo, un usager particulier du téléphérique, à raconter ses souvenirs.

Alexa Sadier (aiguilledumidi.net) : Robert Melo, bonjour, nous voilà à la station de départ de l’ancien téléphérique de l’aiguille du midi, les souvenirs ressortent au contact de ce bâtiment ?

Robert Melo : Oui, " on était jeunes " à cette époque.

A.S : Dans quelles circonstances êtes-vous arrivé à Chamonix ?

R.M : Je suis né à Lyon en 1923 et je suis arrivé dans la région en 1943. A cette époque, il ne faisait pas bon avoir 20 ans, je sortais des chantiers de jeunesse et les Allemands faisaient une chasse effrénée aux zèbres de mon espèce.

A.S : Vous êtes donc arrivé à Chamonix pour cette raison ?

R.M : Non, d’abord, je suis venu à Megève, dans un centre médico-social, comme couverture, c’était fin 1943, et en 1944, je suis rentré dans l’AS (l’armée secrète) et j’ai fait mon maquis là-bas. La suite fut la libération de Megève, Chamonix et Annecy. Puis j’ai été incorporé dans l’armée française, libéré en 1946 et après avoir réussi le concours des télécommunications, j’ai été nommé le 1er avril 1948 à Chamonix. C'est à ce moment que j’ai vraiment pris mes quartiers ici.

A.S : Cette période de guerre dans la région, quels souvenirs en avez-vous ?

R.M : Dans la région, ce n’était pas tellement méchant, les Allemands qui étaient stationnés ici étaient souvent des anciens et étaient bien contents d’être là plutôt qu’en Russie, les Français, étaient souvent plus féroces, surtout vers les Glières.

Chamonix 1945 par Robert King
Chamonix, 1945 (© Robert King)

A.S : Vous avez participé à la libération de Chamonix ?

R.M : Non, mais à celle du Fayet, je me souviens qu’après de longues discussions, les Allemands qui tenaient l’hôtel des Termes se sont rendus, c’était le jeudi 17 août 1944 si je me souviens bien.

A.S : Au printemps 1948, vous voilà en poste à Chamonix.

R.M : Oui, ça s’appelait les PTT à l’époque, un centre téléphonique manuel avec des opératrices, tout cela a duré 6 ans car en 1954 je suis parti à la Réunion.

A.S : Vous vous êtes envolé loin de Chamonix ?

R.M : Oh oui. J’ai vécu 10 ans à la Réunion, et ensuite en coopération au Tchad, puis en Centre-Afrique, et j’ai terminé ma carrière dans le Pacifique à Wallis et Futuna.


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