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Pour tout
savoir de cet avion,
cliquez ici Nous sommes le mardi 29 août 1961. Il est 13.07 à Chamonix, le soleil est au zénith et baigne la Vallée Blanche, gigantesque étendue de glace et de neige éternelle entre lAiguille du Midi et la Pointe Helbronner. Le télécabine qui joint ces deux sommets est bondé de touristes en cette fin dété. La distance qui sépare ces deux sommets est de 5100 mètres et il faut alors près de 45 minutes pour que les trente six cabines accrochées par groupe de trois les relient en intégrant huit arrêts. La ligne en elle-même est une prouesse technologique et le panorama quelle offre est parmi les plus exceptionnels du massif du Mont-Blanc. Soudain, dans un hurlement de réacteur, un F84-F français (*), chasseur dentraînement et de reconnaissance de larmée de lair, passe en rasant la paroi rocheuse entre lAiguille du Midi et le Gros Rognon, ce dernier distant de plus de 1600 mètres du départ du télécabine.
Dans une
manuvre de redressement de dernière seconde, le pilote
militaire accroche avec l' aile gauche le câble tracteur qui guide
à ce moment un groupe de trois cabines entre le gros Rognon via
la gare darrivée et le sectionne. Cest lendroit
de la ligne où la pente est la plus forte. Les fragiles cabines
daluminium qui sélèvent vers lAiguille
du Midi se trouvent dun coup privées de traction et entament
immédiatement une brutale marche arrière. Elle se séparent
du câble porteur au passage du Gros Rognon pour finalement sécraser
150 mètres plus bas de lautre côté en dévalant
la face rocheuse à plus de 3526 mètres daltitude.
Linstallation, privée de câble tracteur, sarrête
nette.
Il faut souligner
lexceptionnel courage de Christian Mollier, jeune aspirant guide
du village des Bossons âgé de 21 ans, qui a eu la prodigieuse
présence desprit de tenter la manuvre de descente
jusquau sol et dy réussir alors quil faisait
partie des voyageurs immobilisés entre ciel et terre. Toute la
journée et toute la nuit, les guides Chamoniards et Valdotains
aidés par les chasseurs alpins et les employés du téléphérique
sorganisent et se relaient pour secourir les passagers tétanisés
de peur et de froid. Aucune autre victime ne sera à déplorer.
Cet accident davion, fut pour la société du nouveau
téléphérique une de ses plus grandes tragédies.
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