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Adm.net - Dautres souvenirs relatifs au téléphérique ? ML - Non je ne lai pas pris souvent. Par contre en redescendant du Mont-Blanc, je suis passé plusieurs fois par la station des Glaciers, mais beaucoup plus tard, à une époque ou le téléphérique ne marchait plus. Remplacé par le nouveau. Entre temps jai beaucoup voyagé pour mon travail et je nai repris la montagne quune fois installé à Paris où à cette époque, étant un peu plus sédentaire, je pouvais me rendre facilement à Chamonix ou je vis maintenant. Adm.net Quelles courses particulières avez-vous fait ? ML Les classiques de la vallée. A côté de ça, jai eu l'opportunité dêtre un des deux géologues de lexpédition nationale du Makalu où dailleurs jai pu faire connaissance beaucoup plus approfondie de Lionel Terray que jai donc vu une première fois dans lancien téléphérique de lAiguille du Midi. Jai en fait eu la chance de côtoyer à cette occasion des grands qui grimpaient à Chamonix : Couzy, Magnone, Franco, Leroux. Maintenant, je revois de temps en temps ceux de cette grande époque de Chamonix qui sont encore vivants, notamment lors du salon du Livre de Montagne de Passy. Dailleurs Guido était là il y a quelques jours pour le cinquantième anniversaire de la voie quil a ouverte dans la face Ouest des Drus, avec Berardini, Dagory et Lainé.
Adm.net Qui reste-t-il dautres de cette époque ? ML- Les quatre derniers survivants de lexpédition du Makalu, je les revois, Guido Magnone, Pierrot Leroux, André Vialatte qui est à Paris et Serge Coupé de Chambéry. Adm.net - Quelle était lambiance ici à Chamonix, après-guerre ? ML - Il y avait quelques vedettes, des gens comme Lionel Terray, comme Louis Lachenal, plus tard René Desmaison, Seigneur, Gaston Rebuffat. Je cite ces noms parce quil sagit de gens que jai mieux connus, mais ce nest pas exclusif bien sûr, car il y en a bien dautres... On avait alors cet esprit de compétition dont a parlé Pierre Allain dans son livre "alpinisme et compétition ", cest une chose qui restera toujours dans tous les sports et ça existait en alpinisme. Il y avait des lieux cultes comme " La Potinière ", lieu de rendez-vous fréquent des alpinistes et " La PDA ", la pâtisserie des Alpes qui nexiste plus aujourdhui. Adm.net Quentendez-vous par vedettes ? ML - Je parle de vedette parce quà cette époque, il y avait des types, des sortes de phares dont les noms sont restés dans lhistoire des courses de montagne dans une certaine mesure, plus que maintenant, et ce même si aujourdhui il y a des types très forts, plus forts parce que la technique se développant cela a permis aux grimpeurs de se dépasser. Aujourdhui il y a proportionnellement plus de types capables quà cette époque et cela a eu tendance à banaliser un peu leurs exploits. Quoique quand on prononce les noms de Lafaille de Patrick Berault, qui a fait une superbe traversée des Alpes lan dernier, ce sont des noms qui resteront comme ceux de Terray et autres. Et puis il y a des jeunes qui font des trucs fabuleux comme Marco Siffredi qui vient hélas de disparaître dans lHimalaya et qui, à vingt et un ans, avait fait la face Nord de lEverest, première descente en surf du couloir Norton. Ici, Marco a fait la descente de lAiguille Verte par le Nant-Blanc en surf à lâge de vingt ans, cest quelque chose de complètement incroyable.
Adm.net Vous voulez dire que les jeunes qui font de la montagne aujourdhui ne sont pas comme vous au même âge ? ML - Les jeunes ont évolué par rapport à nous qui avions vingt ans dans le début des années cinquante, il y a une barrière psychologique qui a été franchie. La technique a également beaucoup progressé en fonction dailleurs du matériel qui lui-même a beaucoup évolué. Cette évolution a permis de dépasser des difficultés qui pour nous étaient infranchissables, notamment pour les courses de glace que nous naurions pas pu faire en cinquante.
Adm.net - Chamonix a aussi évolué ? ML - Bien sur que Chamonix a changé, le nouveau téléphérique de lAiguille du Midi, celui de Lognan et des Grands Montets, lurbanisme aussi a évolué mais fondamentalement je crois que ce qui a changé cest que les vaches ont disparu, lagriculture a disparu au profit du tourisme. Mais Chamonix restera toujours la capitale de lescalade et du ski. |