Suite de l'interview de Dominique André

ADM.NET : Comment faire assurer la pérennité de cette course depuis une station de moyenne altitude ? :

DA : Il a fallu repenser la neige en elle-même avec l’installation de canons. Tout s’est fait progressivement bien sur, mais cela a demandé des investissements énormes et la physionomie même de la piste s’est modifiée, il n’y a que son esprit qui, heureusement est resté le même, celui du sport de compétition. Les touristes venant skier aux Houches en ont profité aussi, forcément.

ADM.NET : Ces canons à neige, font donc aussi partie des souhaits de la FIS ?

la Verte des Houches, neige et plaisir garantis
De nombreux canons à neige


DA : C’est un passage obligatoire afin d’assurer les compétitions. Toutes les stations qui accueillent des Coupes du Monde ont suivi cet axe de développement. Annuler une course de cette importance pour absence de neige…C’est dur.

étroit, glacé et vertical, un grand moment
Le Goulet, un passage très délicat.

ADM.NET : Et qu’en est-il de la fréquence de la course ?

DA : Ce fut l’objectif suivant. Assurer les courses du Kandahar deux années de suite, puis une année sans. Enfin, grâce au travail de mes successeurs au Club, nous sommes arrivés à avoir une course du Kandahar tous les ans à Chamonix.

ADM.NET : Chamonix se trouve être la seule station des Alpes Françaises avec Val d’Isère à proposer une piste de descente homologuée par la FIS ?

DA : Exact, mais il faut le souligner, c’est uniquement valable pour les courses de descentes. Sur des courses de Slalom ou de Super G, on peut trouver d’autres stations en France tout aussi équipées et accueillantes.

du ski au coeur de la forêt
Jorland, sortie d'un passage rapide

ADM.NET : Avez-vous des chiffres à nous communiquer sur les implications d’une telle organisation ?

DA : Une Kandahar à Chamonix, c’est un travail colossal, avec toute une vallée qui pousse derrière les instances organisatrices. C’est 10 à 15.000 spectateurs, un an de travail d’une équipe locale de 25 personnes qui va monter en puissance au fur et à mesure de l’approche de la course, et près de 600 personnes sur l’organisation de la course proprement dite. C’est énorme et nécessaire. C’est une récompense formidable pour la haute vallée de l’Arve.

ADM.NET : Nous sommes loin de la première édition à Chamonix.

DA : Il est clair que par rapport à l’édition de 1948 sur la piste des Glaciers, une révolution est passée depuis. Révolution du ski, du matériel, de la sécurité et arrivée et implication des médias. Mais aussi implication des sponsors, du business. Mais pour ceux de 1948 aussi, l’investissement humain avait été gigantesque. Il faut leur rendre hommage, sans leur travail, nous n’en serions pas à ce stade aujourd’hui.

Philippe Beuf et Dominique André, décembre 2005
Dominique André et notre correspondant (à gauche)

ADM.NET : Pourquoi cette épreuve de la coupe du Monde se passe sur la piste verte des Houches, pourquoi pas par exemple au domaine du Brévent ?

DA : Il y a eu des études faites justement pour le Brévent, mais cela aurait demandé trop de travaux d’aménagement., idem pour celui de Lognan-Les Grands Montets.

ADM.NET : En utilisant la fameuse piste de la Pierre à Ric ?

DA : Oui, mais il aurait là aussi fallu redessiner cette piste, sinon, les compétiteurs auraient pu prendre des vitesses insensées, de l’ordre de 200 kilomètres heure. Et puis, cette piste Verte des Houches est certainement une des plus belle parmi la quinzaine de pistes existantes dans le circuit de la Coupe du Monde pour la descente et homologuées par la FIS.

tout pour le ski à Chamonix
Dominique André, un passionné

ADM.NET : Et vous Dominique André, comment qualifieriez-vous votre collaboration durant toutes ces années à cette épreuve ?

DA : Il faut être passionné, on passe des nuits sur la piste, parce que l’on a pas de neige, ou trop de neige, parce que la neige est glacée, parce que l’on ne trouve pas les hôtels, parce qu’il y a mille et un petits problèmes à surmonter et parce que l’on a la pression de toute une vallée derrière soi, non il faut être un petit peu fou…

ADM.NET : Terminons avec une évocation de la piste des Glaciers, est-elle toujours dans la mémoire chamoniarde ?

DA : Absolument , il suffit d’en parler avec des spécialistes, je pense à René Bozon en l’occurrence.

Descente de la piste en images

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