Dominique André fut durant 17 ans le directeur du Club des Sports de Chamonix. A ce titre, il a été directeur de course de la Kandahar, une épreuve mythique dont il nous parle, course qui arriva à Chamonix en 1948 sur la piste des Glaciers.

Dominique André reçoit ADMNET

ADM.NET : Dominique André, bonjour, parlez-nous de votre parcours.

DA : Je suis d’origine Vosgienne. Je suis arrivé à Chamonix à l’EHM, l’Ecole de Haute Montagne, où j’ai été instructeur pendant une quinzaine d’années. Puis, j’ai pris la direction durant dix sept ans du Club des Sports de Chamonix.

ADM.NET : Forte implication du Club dans l’organisation du Kandahar ?

DA : Concernant le Kandahar, lorsque j’ai intégré le Club des Sports, en 1983, cette compétition avait, je dirais un peu souffert, entre autre pour des raisons techniques parce que la piste qui la recevait elle-même, avait souffert.

ADM.NET : Je resitue pour les internautes, nous sommes 35 après la première Kandahar sur la piste des Glaciers, n’est-ce pas ?

DA : Oui, et un grand chantier, très ambitieux s’ouvre à nous. Avec l’aide de René Bozon et suivant le cahier des charges de la FIS, la Fédération Internationale de Ski qui comme vous le savez a été crée lors des Jeux de 1924 à Chamonix, nous avons tout mis en place pour récupérer la Kandahar à Chamonix.

Un site de ski exceptionnel hélas abandonné
Au pied de l'Aiguille du Midi, la piste des Glaciers

ADM.NET : Comment avez-vous fait ?

DA : La Kandahar est un circuit sur plusieurs stations des Alpes. Nous avons contacté les deux autres stations qui l’organisaient, Garmisch et St-Anton. pour inscrire Chamonix dans ce trio de grandes stations accueillant cette course mythique. Concernant la piste, c’était la Verte des Houches, qui s’appelait alors " Noire-Prarion ".L’ancien téléphérique de l’Aiguille du Midi n’existant plus depuis le début des années cinquante, la piste des Glaciers avait disparue elle ausssi dans l’histoire de la vallée de Chamonix. De grands travaux purent alors commencer aux Houches.

ADM.NET : Quels types de travaux ?

DA : Des modifications concernant à la fois son élargissement et sa mise aux normes en regard du cahier des charges de la FIS. Le résultat était d’obtenir à Chamonix, une année sur trois, les courses du Kandahar.

ADM.NET : Vous voulez dire que la verte des Houches n’était plus homologuée par la FIS ?

DA : Pas exactement. Par contre les exigences au niveau de la coupe du monde demandaient, plus de vitesse et donc un tracé plus large pour plus de sécurité. La FIS nous a imposé implicitement aussi, des modifications au niveau du dessin même de la piste. Tout ceci étant du à l’évolution du ski et de la vitesse en descente. Si l’on en revient à la piste des Glaciers et à l’ancien téléphérique qui la desservait, à cette époque, les organisateurs étaient loin de ces contraintes. Les courses de ski n’avaient pas le même esprit, les médias modernes n’existant pas, le public n’attendait pas la même chose.

transport plaisir et compétition
Le matériel de ski a évolué du transport au plaisir

ADM.NET : Quels autres aménagements avez-vous du entreprendre ?

DA : La création de nouvelles remontées mécaniques pour éviter d’utiliser le téléphérique de Bellevue ou le télécabine du Prarion..

ADM.NET : Lesquelles ?

DA : Trois télésièges, ceux de la Kandahar et de Maisonneuve et aussi, dernièrement, celui de la Coupe du Monde. Ce dernier dessert la piste de slalom depuis la station des Houches, le slalom étant discipline intégrante de la Kandahar.

télésiège de la coupe du monde
Dernier télésiège ouvert sur le bas de la Kandahar

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